Ce matin n’est pas le meilleur de ma vie. Je me regarde dans la glace et ce que je vois me fait froid dans le dos. Des hématomes, une sale mine, je suis vraiment mal. Autant que je vous donne les détails. Je sais que je n’ai pas une bonne réputation dans notre petite ville, mais je ne m’attendais pas à pareil traitement.

Je m’appelle Jean-Louis Wolf, mais avec le temps, on m’a appelé Jean-Lou,
puis Lou tout court.
Quand j’étais encore au lycée, les filles disaient de moi :
— Lou est trop craquant.
D’autres disaient :
— Lou est trop croquant.
Il en est resté une image détestable dont je ne me suis jamais remis. Depuis, j’essaie de vivre ma vie de mâle alpha sans créer de problème à la meute de mes conquêtes. Au siècle dernier, on m’aurait qualifié de play-boy mais je ne sais pas si ce terme a encore un sens. Laissez-moi vous raconter ma dernière mésaventure, celle qui m’a laissé dans cet état.

Il faut tout de même que je vous parle un peu de moi, sinon vous ne comprendrez pas ce qui suit. Je crois que l’on peut me qualifier de beau gosse, j’ai un physique sportif, certains ou certaines diront racé, j’ai une silhouette élancée, une chevelure poivre et sel, un mélange de blond platine et d’argent, et surtout un regard de glace qui en a fait craquer plus d’une. Et je ne vous parle pas de mes dents. J’aime la nuit et ses plaisirs, les clubs et les dancefloors et je rentre rarement seul. Je l’avoue, j’ai brisé des cœurs et sûrement des ménages mais est-ce
une raison pour me faire une telle réputation. Ce n’est pas ma faute si les femmes mariées aiment les mauvais garçons.

Bref, ce soir-là ou plutôt cette fin de journée, j’étais tranquillement installé à la terrasse du bar le plus fréquenté de notre petite ville pour boire un verre, comme presque tous les jours. J’étais seul, je parcourais mon répertoire pour savoir qui appeler pour passer la soirée quand une jeune femme vint s’assoir à la table voisine. Moi, vous imaginez, je jette un œil intéressé. La fille est habillée tout en rouge. Elle est plutôt gironde dans sa robe moulante, et je ne suis pas
indifférent à sa poitrine généreuse. Elle est à peine installée que son portable sonne. Je ne suis pas toute la conversation, mais je comprends qu’elle est contrariée. Elle raccroche avec un
«OK, j’arrive » qui en dit long sur sa motivation. Je ne peux m’empêcher de me mêler de ce qui ne me concerne pas, mais c’est sans doute une des raisons pour lesquelles on ne m’aime pas trop ici.
— Excusez-moi Mademoiselle, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter une
partie de votre conversation, si je peux vous aider, ce sera avec plaisir.
La donzelle se retourne vers moi et m’examine de pied en cap. Je suis habitué à cette situation et je lui offre mon sourire carnassier et mon regard glacial de prédateur auquel nulle ne résiste. Elle balbutie quelques mots et je comprends qu’elle avait un plan avec son boy-friend mais que sa grand-mère, elle l’appelle « Mère-grand », lui a demandé de lui rapporter son IPhone qu’elle a oublié chez elle, en ville.
Ne me demandez pas pourquoi je m’interpose dans cette affaire, peut-être parce que la fille a un joli sourire et des seins à faire bander un saint. Bref, elle m’explique qu’elle est bien ennuyée parce qu’elle avait d’autres projets pour la fin de journée et que sa grand-mère habite en dehors de la ville, en bordure de la forêt. Et moi, comme un idiot, n’ayant rien retenu de
l’histoire de ma famille, je lui propose de lui rendre service.
La jolie fille dans sa robe rouge me demande alors de rapporter le portable à Mère-grand, elle précise qu’elle passera plus tard. Elle me donne le code de la porte d’entrée et me précise que le système confirmera le code avec un message idiot : « Tire la bobinette et la chevillette
cherra ». Elle dit que personne n’a compris ce que ça veut dire, mais que Mère-grand est comme ça.
Bon, nous voilà avec un plan bancal. Il est 19 heures, je me suis engagé à aller chez Mère-grand et la fille doit me rejoindre en début de soirée. Qu’est-ce que j’avais en tête ce soir-là ?
Une demi-heure plus tard, je gare mon coupé sport à l’adresse indiquée et je compose le code.
« Tire la bobinette et la chevillette cherra ».
Je pousse le portail qui s’ouvre sans résistance. La porte du pavillon est entr’ouverte. Il y a de la lumière et de la musique à l’intérieur. Les BeeGees, Saturday Night Fever, j’ai toujours eu un faible pour ce morceau.
J’entre sans frapper. Je reconnais que c’était une erreur, mais quand on est un mâle alpha, on ne se pose pas ce genre de questions. Quand j’arrive au milieu du salon, d’où provient la musique, je tombe sur Tina Turner, enfin non, pas vraiment, mais l’image que je me fais de Tina
Turner. Une femme danse sur le rythme disco, elle porte une robe moulante qui ne cache pas grand-chose de son anatomie. Des talons de quinze centimètres et une crinière de lionne.
Je sais que les félins et les canidés ne sont pas les meilleurs amis, mais je suis pour l’amitié entre les espèces.
Mère-grand est juste la plus sexy des femmes que j’ai rencontrées. Quand elle me voit entrer, comme un idiot, avec son portable à la main, elle me fait signe de la rejoindre. Nous dansons un moment face à face. Elle me domine et neutralise mon pouvoir naturel. Je suis sous son influence. Je n’avais jamais vécu ça.
— Où est ma petite-fille ?
— Je ne sais pas, elle m’a demandé de vous apporter le téléphone.
— Elle est comme moi, elle a le sexe dans le sang. Elle n’a jamais su résister à un beau mâle.
— C’est que… je voulais juste rendre service…
— Trop tard, elle t’a piégé. Comment t’appelles-tu ?
— Jean-Louis Wolf, mes amis m’appellent Lou.
— Approche, Lou. Je ne vais pas te manger.
Là, je reconnais que j’aurais dû me méfier. Les lionnes sont redoutables. Mais vous savez aussi que les mâles ont un problème de discernement dès que la testostérone dépasse la dose prescrite. Alors je vais danser avec elle. Elle me colle ses seins contre la poitrine. Et moi, je sens mon organe qui gonfle et se plaque contre sa robe minimaliste.
— Tu me vois comme une lionne sans doute, mais je suis une cougar, j’aime les jeunes mâles puissants et endurants.
Sa main s’insinue sous mon T-shirt, elle me caresse les tétons. Mon regard de
glace se liquéfie sous ses caresses. Elle prend ma main et la plaque sur son pubis. L’étoffe ne cache rien de ses formes. Je devine que sous le fin tissu, elle ne porte rien, hormis une toison
frisée, offerte à mes caresses. Sa bouche avide se pose sur la mienne, sa langue m’envahit pour un long et passionné baiser.
Elle m’entraine dans la chambre et me jette sur le lit. Je me laisse faire, je ne
suis pas de taille à lutter. Mère-grand libère mon sexe et l’embouche avidement. Je crains un instant pour ma virilité mais elle a de l’expérience et je ne tarde pas à sentir le désir revenir en moi. Quand je suis à sa convenance, elle me guide en elle pour une longue chevauchée qui me laisse sans forces. Je reste allongé sur le lit pendant qu’elle se rhabille et passe dans la salle de
bain pour se maquiller.
— Tu peux rester ici, quand ma petite fille arrivera, dis-lui que je suis partie finir la soirée dans un club libertin. Elle me connaît, elle ne posera pas de questions.
Elle part avec son portable. Je ne suis pas venu pour rien. Moi, comme un idiot, je reste là, à trainer un moment, quand j’entends :
« Tire la bobinette et la chevillette cherra »
Je ne sais pas ce qui m’a pris à ce moment, je me glisse sous les draps et je fais semblant de dormir. Un pas léger entre dans la chambre, je reconnais la voix.
— Mère-grand, c’est moi, ta petite-fille. Tu vas bien ?
Je tire le drap sur moi et laisse entendre un grognement :
— Hum, hum, …
La fille en rouge s’approche du lit et regarde le drap.
— Mère-grand, tu as des grands yeux, comme ceux de mon ami Lou.
— Hum, hum, …
Elle pose sa main et dit :
— Mère-grand, tu as une grosse bite, je peux y goûter ?
Et sans attendre ma réponse, elle tire le drap et prend mon sexe dans sa bouche. Moi, vous me connaissez maintenant, que voulez-vous que j’y fasse ? Ma main remonte le long de ses cuisses et se glisse sous la petite robe rouge. La luronne ne porte pas plus de culotte que sa grand-mère. Je lui caresse les fesses et elle se laisse faire. Je dirais même qu’elle apprécie l’attention. Elle fait passer la robe sur ses épaules et se présente nue devant moi. Elle me propose deux jolis seins juvéniles à caresser.
Qu’auriez-vous fait à ma place ? je les prends dans mes mains, je les malaxe, je fais saillir les tétons que je porte à ma bouche de carnassier. Elle me signifie son désir. Je la prends en levrette, que vous voulez-vous, on a ça dans le sang. Elle manifeste son plaisir bruyamment quand la sonnette imbécile se manifeste à nouveau.
« Tire la bobinette et la chevillette cherra »
Je n’ai pas le temps de quitter la place qu’un homme botté et vêtu d’une combinaison crottée entre dans la chambre. Quand il nous voit ainsi, il épaule le fusil qu’il porte encore en bandoulière et me menace.
— Espèce de salaud, tu n’as pas honte, et où est Maman ?
J’avoue que ne m’en suis pas trop mal tiré. Dans le passé, certains de mes
ancêtres ont fini écorchés, mais moi je n’ai pris que quelques coups de
crosse.
Je ne suis pas près de rendre service à nouveau à une fille en rouge, surtout
si son père est chasseur.

©Eros Walker 2022